**Je m'en vais le crier sur les toits, sur les toits : "je..." n'y arrive pas.**
Mardi. Je déteste ce jour. Parce que j'me sens seule. Et qu'une nouvelle saison théâtrale va commencer. Sans moi, je crois. On m'a dit "peut-être". J'ai compris "rêve". J'ai une petite boule coincée dans la gorge. Qui a du mal à partir. Beaucoup trop de fatigue accumulée. De larmes retenues au fond du coeur. J'sais pas vraiment pourquoi en fait. Les cours, la rhéto, les résultats scolaires me font peur. Puis le théâtre. Qui me manque. Puis un trop plein de mensonges de sa part à elle. A croire que j'suis un punshing ball à mensonges. J'm'en veux. J'étais pas en forme. Et il l'a ressentit. J'voulais pas. Non j'voulais pas. Mais ça ne s'contrôle pas. Une seconde tout va bien et la suivante ca n'va plus. J'suis faible. Et fragile. En ce moment en tout cas. J'ai l'impression d'avoir gâché un mardi. A cause de ma mauvaise humeur. A.cause.de.moi. Alors qu'il a tenté des approches. Oui, Nico a raison. Je suis aveugle, et je me complais dans ma cécité partielle. Je ne retiens d'une journée que le négatif, alors que j'pourrais avoir le coeur qui chante, si je n'en gardais que le meilleur. Dans le meilleur, je pourrais dire que j'ai reçu un 17,5 en anglais. Que j'ai croisé Cécile, la tite soeur de Christel, et qu'elle m'a fait un sourire grand comme ça. Que Loïc m'a dit que il ne me promettrait pas qu'il ne me trahirait jamais, parce que pour lui c'est pas une promesse à faire, c'est un principe de l'amitié vraie et sincère. Que la neige a laissé un manteau tout blanc au-dehors. Que c'est joli tout plein. Même si passer plus d'une heure en-dessous, alors que j'ai déjà la crève, c'est pas top top. Que j'ai revu Bilal. Le garçon qui se battait avec moi en primaires, parce qu'il avait toujours un petit point en moins que moi en fin d'année. Et que j'étais toujours cinquième devant lui. Et qu'aujourd'hui, il m'a enfin dépassée. Il est en première de gestion, à l'ICHEC. Sept ans qu'on ne s'était pas parlé. Ca m'a vraiment fait plaisir de le revoir. Et pourtant, même pas trois minutes avant, j'avais le coeur en pleurs. Pour des gamineries que la p'tite conne chialeuse que je suis n'peut s'empêcher d'exagérer. J'suis vraiment conne. Pardon. Mais c'est le mot. J'voudrais déjà être un autre jour. Pour m'faire pardonner. Il le faut. Parce que j'suis pas comme ça normalement. Et que c'est pas en étant triste qu'il m'aimera. Il ne me connait pas comme ça. J'veux être une fille qui prend la vie comme elle vient. En essayant de positiver. Parce que j'estime que j'ai pas à me plaindre. Et qu'il y a plus malheureux que moi sur cette Terre. Mais là... J'veux pas rester dans cet état. C'est pas moi. Alors je ferme fort les yeux, j'revis ma journée de hier, j'réécoute la chanson, et j'm'efforce de sourire.
Et j'le revois passer à côté de moi. Les écouteurs dans les oreilles. Et m'ignorer. Et puis au loin, le voir tourner. Sans se retourner.
40,2°C. Je crois que ça veut tout dire.
*Atchoum*
**Juste un regard, facile à faire. Un peu plus d'amour que d'ordinaire.**
Et un au revoir, c'était pas si compliqué non plus quand-même ?
On : Zazie - Fou de toi
*